l’été

J’ai toujours craint l’été.
Nouvelle version de la chanson imaginée en août 2017 et qui donne certainement une vision moins convenue qu’on ne l’attendrait de cette saison….

J’ai toujours craint l’été, la saison impudique
L’enfance écartelée entre ces deux familles
Les copains qui partaient vers des rives exotiques
Mon ennui qui chantait ses stances névrotiques
Et déjà mon regard se détournait des filles

Été
Morne saison caniculaire
Où les adultes dormaient
Dans des grasses matinées
Des siestes tentaculaires

Seul le matin m’offrait un peu de ma grand-mère
Au jardin le jet d’eau tombait brume légère
Alors je bavardais, sûrement à l’étourdir
Comme font les moineaux juste avant de s’enfuir

Mais dès leur réveil, les adultes faits d’halitose
Dans leurs tenues obscènes, trop de vert, trop de roses
Trainaient dans la maison toute leur vacuité
Depuis les vieux fauteuils jusqu’au grand canapé

photo de Vincent Breton

Été
Les tablées détestables
Où il fallait attendre
Dans l’ambiance surchauffée
Des plats gras et sucrés

Et puis ces promenades toujours interminables
Pour aller admirer de pieux panoramas
Et l’on allait se perdre encor bien lamentables
Devant des paysages qui ne nous parlaient pas

Il fallait se sauver dans une chambre et les livres
Eux seuls savaient donner quelques raisons de vivre
Les romans qui chantaient lorsque j’étais à l’ombre
Et que je me cachais craignant toujours le nombre

Ah ! comme j’ai détesté ces saisons de rupture
Comme j’aurais voulu un parfum d’aventure
Et qu’un amoureux vif m’entraîne à la rivière
Pour y nager limpides et nus dans la lumière

Et je déteste si vieux la saison imbécile
Où il faut se réjouir, surtout rester futile
Ces gens qui s’agglutinent, touristes de l’ennui
Incapables d’oser demain changer de vie

Et qui retourneront bien dociles en septembre
À leur quotidien morne de dociles scolopendres
Qui ne veulent rien comprendre

Adolescences

Le gougnafier

Souvent en période estivale, il prolifère et n’hésite pas à s’incruster en votre demeure….