Je chante dans la chambre depuis si longtemps
Qui écoute l’enfant qui chante solitairement ?
Il y a dans la bibliothèque, les livres des poètes
Je lis, je dévore, personne ne s’inquiète

Les pages embaument un étrange parfum d’encens
Je respire chaque livre très profondément
Des feuilles éparses jonchent encore le plancher
De l’encre a taché le bout de mes doigts violacés

Je m’assois doucement près de la fenêtre
La maison me protège, je ne saurais paraître
Je serre sur mon ventre la guitare à deux mains
Une mélodie cherche doucement un chemin,

Une rivière traverse triste et lente, la poitrine
Et se perd dans les sables au loin on devine
Un souvenir quand je jouais dans l’herbe avec toi
Tu courrais essoufflé, pour tomber dans mes bras

Le temps a passé, tant de chambres et de maisons
J’ai tout oublié, visages voix et chansons
Assis sur le fauteuil où la verse vieillesse
Ma tête penche vers le pré sous l’averse

Je chante dans la chambre depuis tout ce temps
Qui écoute cet homme qui chante seulement
Il y a toujours dans la bibliothèque, les livres des poètes
Les yeux fermés, je me tais, personne ne s’inquiète