l’édito

D’aussi loin que je remonte, il y eut toujours des chansons… celles que me chantait ma mère, celles que nous chantions ensemble, celles que j’inventais petit, sur une guitare dont il ne restait plus que trois cordes, celles que je découvris à peine pubère, écoutant Brassens , puis allant vers Ferré, Bertin, Martin, Magny, Sylvestre… comme on va boire à des sources nouvelles et libératrices.

Oui, de la chanson intelligente, parlant aux sens comme au cœur et surtout menant tranquillement à la poésie.

Je dois aux romans, mais la chanson fut le roman de  ma vie, une accompagnatrice fidèle des émotions, une thérapie, une nécessité avec tout ce que cela entend d’imperfections, de fragilités, celle de la voix et des mots qui se cherchent. Rien à voir avec le spectacle. Un fil intime…  La chanson avec ce qu’il faut de pudeur et de candeur, sincère, qui trouve sa récompense secrète lorsque le chant touche, que la mélodie se balbutie sur des lèvres inconnues ou que des mots sont repris, chuchotés peut-être ou lancés sous l’eau brûlante d’une douche en cascade.